10
Jan-2019

Speedy Simon!

Simon Mtuy   /  

Simon Mtuy, directeur du Kilimandjaro Stage Run, a plus d’une corde à son arc ! Il est le plus grand spécialiste de la course de trail en Tanzanie, un guide de montagne expert, un activiste pour le développement durable et le développement des communautés, et un recordman du monde !

Vous pouvez découvrir ici la genèse de ses records du monde et les raisons pour lesquelles Simon a relevé ces incroyables défis sur le célèbre mont Kilimandjaro en Tanzanie.

La graine est semée…

Depuis qu’il a commencé à courir quand il était adolescent, Simon s’est entraîné sur la montagne et a fait des courses régulièrement. Il est finalement devenu un marathonien puis un coureur de trail d’ultra accompli avec six classements dans le top 30 de la prestigieuse course d’endurance de 100 miles Western States, parmi ses nombreuses courses aux États-Unis et en Afrique de l’Est.

En raison de son expérience de coureur, Simon a été sélectionné en 1997 pour guider un coureur qui tentait l’ascension et la descente les plus rapides du Kilimandjaro. La paire a réussi avec un temps de 19 heures. Cette expérience a éveillé l’intérêt de Simon pour ce genre d’ascension du Kilimandjaro. Mais pour Simon, il n’a jamais été question de record, mais plutôt parce qu’une course de vitesse pouvait être un moyen d’aider les autres.

Première tentative réussie !

Simon explique sa motivation : « En 2004, mon frère Joachim est mort du sida (VIH). Je me suis retrouvée avec trois enfants à m’occuper et à éduquer. J’ai décidé d’organiser une course sur le Kilimandjaro à la mémoire de mon frère et afin de collecter des fonds pour l’éducation de ses enfants. Je voulais aussi briser le silence concernant cette maladie en battant le record sur cette montagne africaine ».

Cette année-là, Simon a récolté 2 800 dollars pour l’éducation des enfants de son frère et a établi le record de l’ascension et de la descente du Kilimandjaro avec assistance la plus rapide (8 heures 27 minutes aller-retour) le 26 décembre 2004. Pour remettre les choses en perspective, la plupart des treks du Kilimandjaro nécessitent un minimum de cinq ou six jours pour atteindre le sommet et redescendre.

Simon Mtuy World recorder. Stephan Repke photo

Pas un mais deux records !

Bien que satisfait que cette performance ait aidé sa nièce et ses neveux, Simon se sentait égoïste de ne collecter de l’argent que pour ses proches. Il s’est donc engagé à renouveler sa tentative de record, qui permettrait de collecter des fonds au profit de toute sa communauté. Sa nouvelle tentative de record lui a permis de gagner de l’argent pour un centre communautaire à Mbahe, en mémoire de son frère, pour former les veuves dû au SIDA et pour sensibiliser au VIH/SIDA.

Simon a passé 12 jours seul sur le Kilimandjaro, s’entraînant à différentes altitudes pour se préparer à cette nouvelle tentative. « J’ai passé beaucoup de temps sur la montagne pour m’acclimater. En fait, j’ai passé quelques jours à Umbwe, quelques jours à Barranco, quelques jours au Lava Tower Camp et enfin quelques jours au Crater Camp. Ensuite, j’ai fait la route jusqu’à Umbwe. J’ai pris environ 12 jours pour suivre le parcours et pour être en bonne forme physique. Je me suis reposé pendant une journée avant de commencer mon ascension et ma descente rapides du mont Kilimandjaro. Le point de départ était Umbwe Gate, je suis monté au sommet et j’ai couru pour descendre et terminer à Mweka Gate« .

Cette fois-ci, Simon est parti sans assistance. Il a porté toute sa nourriture et s’est approvisionné en eau dans les cours d’eau qui se trouvaient sur son chemin. Il a effectué la montée et la descente en un temps record: 9 heures 22 minutes le 22 février 2006.

Il a été possible d’enregistrer cette course comme un record du monde grâce aux instruments numériques GPS qui ont aidé à la vérification.  Ce record du monde a été reconnu par le livre Guiness des records pour l’ascension et la descente du Kilimandjaro sans assistance.

c’est loin d’être facile!

Pour Simon, la mort de son frère et la volonté de sensibiliser au VIH/SIDA ont été le moteur. Mais même si la motivation était forte, le défi était, lui, bien réel ! Tout au long de l’ascension, Simon a gardé à l’esprit qu’il faisait cette course dans un but précis. Il a senti que l’esprit de la montagne l’aidait à atteindre le sommet : « Je pensais à mon frère qui me manque sincèrement. J’ai couru en sa mémoire et j’ai couru pour récolter des fonds. Cela signifiait beaucoup« .

Malgré qu’il travaille sur la montagne et qu’il s’entraine de façon intensive à la course en altitude, Simon a trouvé la course incroyablement difficile. Il a dû faire face à des problèmes intestinaux et il a vomi plusieurs fois, ce qui lui a fait perdre des minutes précieuses. Il a ressenti et vu les effets physiques de l’ascension rapide à haute altitude (voir ci-dessous la vidéo que Simon a réalisée pendant sa course sans assistance). Il s’est démené pour trouver de l’eau car la source habituelle du camp de Barafu était à sec, il a dû boire de l’eau sale pour atteindre l’arrivée.

Lorsqu’on lui demande d’où il tire son inspiration pour relever ces défis, Simon s’empresse de citer sa famille qui le soutient et à qui il attribue le mérite de lui avoir appris la compassion, l’empathie et l’incapacité à s’éloigner d’un problème sans essayer de le résoudre.

Mentor pour les coureurs de classe mondiale

En 2013, le coureur de trail espagnol Kilian Jornet, alors âgé de 22 ans, est venu demander à Simon des conseils d’entraînement en vue de sa propre tentative de vitesse sur le Kilimandjaro. « J’étais très fier et très enthousiaste de rencontrer Kilian, un jeune athlète, qui voulait battre mon record. C’était formidable pour moi de pouvoir entraîner Kilian, de courir avec lui et de l’aider sur le plan logistique afin qu’il établisse son propre record, qui était de 7 heures 14 minutes« .

Jornet a commencé sa course à 7h15 du matin à Umbwe Gate, à une altitude de 1600m, et a atteint le sommet 5 heures, 23 minutes, 50 secondes plus tard, brisant le record d’ascension. Kilian a passé une dizaine de minutes au sommet, puis il a redescendu les 4255m verticaux jusqu’à l’arrivée à Mweka Gate en 1 heure 41 minutes.

Simon attendait Kilian à la porte pour embrasser et féliciter le nouveau détenteur du record : « C’est un grand jeune coureur qui a réalisé sur le Kilimandjaro une performance impressionnante. »

En 2017, Fernanda Maciel, 37 ans, a fait appel à Simon pour la coacher avant d’établir un nouveau record de vitesse féminin sur le Kilimandjaro.  Le 25 septembre, Fernanda a effectué l’aller-retour entre Umbwe Gate, Uhuru Peak et Mweka Gate (même trajet que Simon et Kilian) en 10 heures 6 minutes, soit 2 heures 52 minutes de moins que le précédent record féminin.

Simon continue à courir et à s’entraîner, mais n’a pas envie de tenter d’autres records, ni de faire de la compétition.
Il court maintenant pour le plaisir, pour rester en forme et pour guider les coureurs internationaux qui le rejoignent lors de la course annuelle du Kilimandjaro Stage Run, pour guider les ascensions et pour pouvoir suivre ses jeunes fils.

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